
Eduardo Montagut
Selon ce que rapportait le Boletín Oficial del Gran Oriente de España dans son numéro du 1er août 1873, la question de l’admission des musulmans dans la franc-maçonnerie était un sujet de discussion constant en Inde, du moins au XIXe siècle.
Dans un article d’un frère anonyme publié dans le Masonic Record, on défendait l’idée que tant qu’on professait la religion islamique, on ne pouvait pas être franc-maçon. L’auteur estimait que, si, pour l’obtention des deux premiers grades, il n’y avait pas d’objection à opposer à un musulman, puisqu’ils ne seraient pas en contradiction avec le Coran, en revanche il ne pouvait pas accéder au troisième grade en raison des obligations qu’il contractait dans le serment. Il ne pourrait plus regarder comme frères ceux que, toujours selon cet auteur, sa loi l’obligeait à considérer comme des « kafirs » (kafir est un terme qui désigne l’infidèle, le non-croyant ou le non-musulman, ainsi que celui qui rejette Allah. Ainsi, si un musulman cesse de croire, rejette, tourne en dérision ou n’accomplit pas les piliers de l’islam, il deviendrait kafir). Pour cette raison, il se voyait contraint de les détruire s’ils refusaient de se soumettre à l’islam. L’auteur affirmait qu’il était également vrai que tous les musulmans ne considéraient pas un chrétien comme un kafir, mais que beaucoup d’entre eux continuaient à penser que les hindous et les Perses l’étaient.

En outre, l’auteur de l’article pensait qu’aucun franc-maçon ne voudrait admettre dans une loge un musulman si, pour cela, il devait expulser les Perses.
En revanche, pour le Grand Orient d’Espagne, ou pour les rédacteurs du Boletín, les coutumes, les pratiques et les progrès de la civilisation avaient rendu caduques de nombreuses dispositions du Coran, de sorte que tout musulman pouvait être franc-maçon, obtenir tous les grades et observer les prescriptions maçonniques. Il nous semble intéressant de souligner cet exercice de tolérance de la franc-maçonnerie espagnole.














